Il est midi, j’émerge à peine d’un sommeil mitigé. Le café est sans sucre depuis deux jours. J’oublie tout le temps d’en acheter. C’est pas si mauvais un café sans sucre et sans lait. Ça fait ressortir le goût du café. C’est un peu malheureux dans mon cas… il est pas vraiment bon mon café. Pour moi un café c’est toujours bon? Faut dire qu’avec trois sucres et une moitié de lait?...
Hier soir j’ai fini chez Julien avec mon Julien. On a aidé Stéphanie à fermer. Elle s’est excusée de son attitude à mon égard au début. Elle m’a dit qu’elle m’avait mal jugé, suite à une soirée où j’avais un peu trop parlé de moi. Oui ça m’arrive malheureusement. La plus part de mes histoires font références à mon vécu et mon vécu et ben, pour certains il est improbable… Ça donne le genre de gars qui te parle de la fois où il était avec Charlebois, de l’autre avec Cabrel et puis encore avec Elsa, etc… Et puis entre patron d’estaminet on peut pas s’empêcher d’échanger… c’est un réflexe de confrères…. sauf que mon estaminet à moi, il peut-être pas sur la rue Le Pic, mais il est six fois plus grand avec quarante employés et là j’ai pas encore parlé du Gainzbar… Alors c’est sûr, j’ai l’air d’un rastaquouère… Moi aussi j’aurais des doutes sur ce mec, qui en plus vie au Ca-na-da… mmm…
Ah oui… J’allais oublier. Hier soir j’étais à l’Olympia… Y’avait plein de beaux mondes. On a répété vers les 18h30 et ensuite il fallait attendre 22h21 pour mon passage… Si tu veux me foutre le trac, c’est pas compliqué, tu me fais attendre en arrétant pas de me dire «Est-ce que t’es nerveux?» Grrr…
J’ai rencontré Juliette, adorable. Je lui ai rappelé qu’il y a 15 ans, on s’était rencontré et que j’ai voulu la signer sur mon étiquette au Québec, mais que j’avais fait marche arrière à cause de sa gérante de l’époque… ignoble. Elle a bien rigolé et m’a signalé que ça lui a pris du temps à s’en rendre compte et qu’elle l’a viré dernièrement.
J’ai aussi rencontré Michel Boujenah, tout à fait gentil. Florence Foresti, charmante. Virginie je sais plus qui, Dany Boon, et plein d’autres… Eric Antoine partageait ma loge… enfin partagé c’est un bien grand mot. Le plus grand humoriste français… 2,10 mètres avec les cheveux au plafond … J’ai quand même eu le droit à une chaise et de quoi poser ma trousse de toilettes. Pour les cintres, j’ai du me contenter du dossier de ma chaise…
Quatre heures à attendre. On a été tuer le temps dans un bistro du coin avec un patron full gouane… avec de la tchache… bref une grande gueule. De retour on constate que le show accuse 50 minutes de retard… Fuck!
J’ai pris mes Jack Daniel’s habituels. Je me suis présenté en coulisse. J’ai réchauffé ma voix. Je me suis rappelé la grande phrase de mon Julien : «Tu peux pas faire mieux que ce que tu est capable de faire…» . Alors je suis rentré sur scène, devant un Olympia plein à craquer. J’ai marché tranquillement vers mon tabouret avec le sourire d’un enfant qui va faire un sale coup. Je leur ai dit bonsoir, vous allez bien? Vous en faites pas ça va pas durer…. et j’ai fait aussi bien que ce que je suis capable de faire :)).
J’ai commencé avec Mammaire et j’ai enchaîné avec Je pète au lit. Évidemment il a fallu que je leur botte le cul dans le refrain. Je leur ai fait comprendre qu’il n’était pas question que je sorte de scène tant qu’ils n’auraient pas chanté… Et ils ont chanté :))
Le plus beau moment et je l’ai en vidéo, c’est en sortant de scène quand Guy Bedos m’a pris la main dans ses mains et m’a dit : «Je ne suis pas du genre Je pète au lit mais vous, vous avez l’élégance pour le faire…» On a échangé un petit peu et je suis rentré dans ma loge en emportant sa poignée de main. Pour moi Bedos, c’est comme Devos, Coluche ou encore Brassens s’ils étaient encore vivants…
Mon attaché de presse m’a dit que dans le back stage, Bedos a demandé à tout le monde de se taire parce qu’il avait envie de m’écouter. Les quarante personnes se sont alors tues et ont regardé religieusement la télévision témoin. Après je pète au lit, ils auraient tous chaleureusement applaudi. La seule prestation applaudi en back stage… Ça. Ça fait plaisir :))) Merci Bedos!
Il y a des nuages sur Pigalle et j’ai une larme qui perle de bonheur, sur le coin de mes yeux…
